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Mes premiers pas en Sénior

Saison 2010-2011
I love Paris de Vanessa Paradis – Cirque

Après notre Coupe du Monde, nous étions plus motivées que jamais pour la nouvelle saison. Nous voulions prendre notre revanche. Cependant, parfois dans la vie, les plans changent.
Nous avions créé l’an passé une Team Synchro Energie en catégorie Novice pour former un vrai noyau, une cohésion entre les deux clubs et préparer la relève de notre équipe. Malheureusement, cela ne durera qu’une seule saison pour diverses raisons.
C’est dommage, car cela aurait pu être une belle opportunité de formation ainsi que la création d’une belle structure qui aurait pu apporter énormément à notre sport en France.

Nous manquions d’effectif pour compléter notre équipe junior, et des patineuses devaient nous quitter à cause de la limite d’âge (Il ne fallait pas avoir 19 ans avant le 1er juillet). Un choix s’est présenté à nous : arrêter l’équipe ou monter en catégorie Sénior. Changer de catégorie fût une évidence!

A pratiquement 16 ans, je faisais mon entrée dans la cour des grands. Pendant longtemps j’ai pensé que c’était seulement dû aux circonstances et non que j’étais une bonne patineuse. Maintenant, je sais que ce n’était pas le cas, car autrement, je n’aurais jamais été choisie!
C’est souvent impressionnant d’être senior à cet âge, et maintenant je comprends pourquoi. Pour faire partie du top du tableau, il faut une certaine maturité et qualité de patinage qu’on n’a pas forcément la chance de développer en arrivant trop tôt en Sénior.

Malgré notre changement de catégorie, notre objectif restait le même: se qualifier pour les Championnats du Monde. Peut-être pas la première année, mais le plus tôt possible serait le mieux!
Pour cela, la Fédération Française avait légèrement changé son système. Nous avions trois compétitions de qualification, où chacune d’elles avaient son propre coefficient. En soit, si trois équipes différentes gagnaient chacune une compétition, l’équipe remportant celle avec le coefficient le plus important, décrocherait sa qualification pour les Mondes, à Helsinki, en Finlande, et représenterait ainsi la France!

Pour cette saison, les compétitions de qualification étaient :
– Les Masters à Lyon, début Novembre,
– Les Championnats de France à Tours, mi-Décembre,
– La French Cup à Rouen, début Février.

Nous avons commencé la nouvelle saison rapidement. Dès le mois d’avril, nous avions la musique de notre programme court, et nos entraineurs ont commencé la chorégraphie.
Pour notre programme long, nous avons eu la chance d’avoir Merja Laakkonen, entraineur finlandais qui travaillait avec nous déjà depuis deux ans, pendant notre stage de cohésion d’équipe, au Mans, début Juillet. Elle nous a aussi aidées avec l’apprentissage des portés, qui est la plus grande différence entre les catégories Junior et Sénior.

La TSE Sénior avec Merja Laakkonen.

Après nos vacances d’été, c’était l’heure de la rentrée sur glace. Cependant la patinoire de Rouen était fermée pour travaux, et à Louviers nous n’avions jamais la chance de reprendre les entrainements avant fin Septembre – début Octobre.
Notre reprise sur glace s’est donc effectuée à Compiègne. C’est aussi ça la synchro! Nous pouvons être adversaires une année mais nous savons aussi comment nous soutenir et nous entraider lorsque c’est nécessaire.

D’autant plus que notre première compétition approchait à grand pas, et que nous rencontrions certaines problématiques. Entre nos blessures et nos difficultés à réussir nos portés, nous avons dû faire des concessions et ce n’était pas sans me déplaire. Nous aurions seulement 2 portés sur 4 aux Masters, ce qui était un désavantage considérable.
Je faisais partie de l’un des deux groupes qui ne feraient pas de porté. Pour nous, c’était des black flips. D’ailleurs, je n’étais pas la fille portée, mais plutôt une porteuse. Seulement pour le back flip, on m’a demandée d’essayer… Etant ancienne gymnaste, je n’avais pas peur et j’ai donc été choisie!

Anecdote : Quelques semaines avant notre première compétition, nous avions reçu la visite de Philippe Maitrot, spécialiste technique international français, pour s’assurer que nous avions bien construit nos programmes. C’est moi qui ai eu l’honneur de lui dire l’ordre de nos éléments ainsi que leurs niveaux.

Pour la deuxième édition des Masters, la compétition était maintenant ouverte aux équipes étrangères pour gagner en popularité. Nous étions 4 équipes, dont trois françaises dans la course pour la qualification :
Les Atlantides de Bordeaux
Les Zoulous de Lyon
Et nous, La Team Synchro Energie de Rouen-Louviers.

Anecdote : Depuis longtemps, comme pour les Black Diam’s, j’avais de l’admiration pour les Atlantides, avant qu’elles ne soient nos adversaires. D’ailleurs, la saison précédente j’avais eu un calendrier de l’équipe où chaque membre de l’équipe avait écrit un mot d’encouragement, j’étais totalement fan.
De plus, je pensais qu’après mes années Junior avec Rouen-Louviers, je partirais patiner chez eux. Encore une fois, la vie m’a réservée d’autres surprises. Ce jour-là, elles étaient nos concurrentes et je ne me sentais pas forcément à la hauteur. Elles avaient l’expérience et la maturité que nous n’avions pas selon moi.

Pourtant, nous avons créé la surprise! A ne pas avoir d’attente particulière, hormis profiter du moment présent, n’avoir aucune pression et exécuter notre programme comme il faut, nous avons gagné le programme court. Pardon? Je n’arrivais pas à y croire! C’était ce qu’on appelle une entrée en fanfare pour notre 1ère année en Sénior!

Photo du Programme Court.

Cependant, des doutes sont très vites apparus: l’écart des points était faible, notre programme n’était pas assez fort avec 2 portés en moins… Comment conserver la première place?
Je ne croyais pas à la victoire en arrivant, mais maintenant que nous étions à la première place, je ne voulais pas redescendre dans le classement bien que ça me paraissait impossible de gagner.
Malheureusement ce fût le cas, malgré un bon programme, notre technique n’était pas à la hauteur. 3ème du programme long, 3ème au classement final. Une déception, j’espérais au moins finir 2ème…

Kiss & Cry après le programme long,
une petite déception.

Nous étions troisième aujourd’hui, mais je n’avais pas l’intention d’y rester. Pour moi, après cette douche froide et les montagnes russes en émotions, il était temps de retourner à l’entrainement pour travailler sur nos points faibles. Le premier, et pas des moindres, les portés.

C’est aussi à ce moment-là que j’ai connu ma première blessure: inflammation de l’ischio jambier. Cela peut sembler anodin, mais mon frère, qui faisait de l’escrime, avait déjà eu cette blessure, qui s’était aggravé en arrachement osseux avec pour conséquence, arrêt de sport et séances de kinésithérapie. C’était hors de question qu’il m’arrive la même chose.
A une semaine de partir pour les Championnats de France, je devais arrêter le sport pour que ça passe. Ce n’était évidemment pas une option ni pour moi, ni pour Valérie et surtout pour Anne-Sophie, mes entraîneurs, de me remplacer.
J’ai donc fait des compromis pour pouvoir être présente pour mon équipe mais aussi pour patiner.
La veille de notre départ, je me suis faite poser un tape sur l’arrière de ma cuisse pour la fin de la semaine avant de patiner au gala de Rouen, qui était notre dernière représentation avant notre départ.

Jeudi 10 Décembre 2010, Jour du grand départ pour les Championnats de France Elite. Après un dernier entrainement à Rouen où je n’ai pas patiné, nous partions en direction de Tours en mini-bus. C’était aussi notre dernière compétition avec l’équipe de France 3 Normandie, avant la sortie de leur reportage.

C’était excitant de revenir aux championnats de France et d’avoir une nouvelle compétition en commun avec les autres disciplines du patinage. Néanmoins, c’est toujours difficile de trouver la place nécessaire pour des équipes. La patinoire n’étant pas très grande, nous devions nous partager un seul et unique vestiaire, ainsi qu’un tatami de judo pour nous échauffer. De quoi se sentir un peu à l’étroit.

Malgré les conditions, cela ne nous a pas empêché de nous mettre dans notre bulle et de faire une bonne performance pour notre programme court. Cependant, petite déception : nous étions deuxième contrairement aux Masters où nous avions obtenu la première place. J’avais osé penser que le court était acquis suite au résultat de notre première compétition, mais c’était une erreur. La concurrence était rude et il ne fallait pas la sous-estimée.

A la suite de notre performance, j’espérais pouvoir regarder la compétition, en particulier le programme court des Hommes car j’ai toujours préféré leur patinage. Néanmoins, avec la présence de France 3 Normandie, mes plans ont été court-circuités. Pour nous, c’était direction le Marché de Noël pour faire du Carrousel!

Nous avions beaucoup travaillé notre programme long depuis la dernière fois. On espérait faire la différence cette fois-ci. Nous étions peut-être deuxième mais je n’avais pas l’intention de descendre de cette marche, et je n’aurais pas dit non pour gravir le sommet du podium!
L’un de nos plus gros changements, était notre tunique. Aux Masters, nous avons eu des retours comme quoi elle faisait peut-être un peu trop junior. Pour changer cela, nous avons déplacé nos fleurs et ajouté un corset. Petite contrainte: celui-ci prenait du temps à mettre alors nous étions déjà en tenue pour l’échauffement, mais sans mettre les manches, pour éviter d’avoir des auréoles sous les bras!

Les manches de la robe, en dessous de
notre débardeur!

Notre programme long fût une réussite! J’étais contente de notre performance malgré ma petite frayeur. En effet, à la fin du no hold, j’ai eu un petit déséquilibre sur mon dernier twizzle et je me suis retenue de justesse de tomber! Ce n’était clairement pas le moment et je me souviens m’être dit : « Non, c’est hors de question que ça arrive maintenant! » Après une petite déstabilisation mentale, je me suis vite reprise et nous avons terminé notre programme sans embûche.
Sans surprise, nous avons terminé à la deuxième place avec un écart de points conséquents entre Atlantides et nous. Malgré tout, j’étais contente, nous avions gagné une place depuis la première compétition.

Nous n’irions pas aux Championnats du Monde cette année. Ayant gagné les deux premières compétitions de qualification, Atlantides venait de remporter sa qualification ainsi que leur titre de Champions de France. Même avec le nouveau système de coefficient, la French Cup ne pourrait rien changer aux résultats. Il faudrait que l’on termine première équipe française et qu’Atlantides se place troisième équipe française… Soyons réalistes, il y avait très peu de chance que cela arrive!
Ce n’est pas grave, rien ne nous empêchait de finir notre saison en beauté!

Alicia, avec la veste de Florent Amodio!

Anecdote : Pour la cérémonie des médailles, nous avons eu le droit à un invité surprise dans notre salle de judo. Sans raison apparente, Florent Amodio s’est installé avec nous et non dans le vestiaire des hommes. Nous étions totalement fans et Alicia a même eu le culot de mettre sa veste sans manche!

En terminant deuxième, nous ne participions pas pour la première fois au Gala des Champions le dimanche. Un peu déçue, mais même si nous avions gagné, il était possible que nous ne participions pas. En effet, il y avait eu d’importantes chutes de neige à tel point que si nous ne partions pas le plus tôt possible le dimanche, nous serions restées bloquées sur les routes!

La dernière compétition de ce chemin de qualification était la French Cup! Avec de petites nouveautés pour cette édition. Pour commencer, le jeudi soir, avant le tirage au sort qui avait lieu à la Mairie de Rouen, nous participions à une parade ainsi qu’à une flashmob. Nous défilions dans les rues de Rouen en musique, fiers de représenter nos pays! Une fois toutes les équipes arrivées à l’hôtel de ville, la flashmob commençait. Pour l’avoir vécue plusieurs fois, je suis désolée de le dire, mais la première édition restera la meilleure!

Mon rêve était de faire la French Cup, mais après cette édition, j’ai réalisé que mon rêve était plutôt de faire la French Cup en catégorie Sénior. C’était impressionnant de voir autant de spectateurs dans les gradins. Je me demandais comment je pouvais patiner devant toutes ces personnes, mais surtout, à quel point j’avais envie de recommencer!
Niveaux performances, nous avons exécuté deux bons programmes. Mais sans surprise, nous restons deuxième équipe française, derrière les Atlantides.

La dernière nouveauté instaurée était une Team Party le samedi soir, organisée sur la patinoire d’entrainement, juste à côté de la patinoire de compétition, pendant l’événement Sénior. Des tapis avaient été installés sur la glace, avec un buffet et un écran géant pour retransmettre la compétition. En tant que patineuses, ce que nous voulions, c’était regardé depuis les gradins, et non sur un écran!

Pour finir notre saison, nous avons participé à deux autres compétitions. L’une à Valenciennes, Les Hauts-de-France, où en arrivant pour patiner notre programme court, nous avons appris que la surfaceuse avait des problèmes. Il serait impossible de faire la glace pour le reste de la soirée. En espérant ne pas véhiculer une mauvaise image de notre équipe, (comme « Ce sont des divas, elles ne veulent pas patiner sur une mauvaise glace… ») nous avions pris la décision de le reporter au lendemain.
Le dimanche, une fois notre performance du programme court terminée et les notes reçues, nous avons fait le tour de la piste pour retourner sur la glace et ainsi faire notre pratique officielle du programme long! Etant la seule équipe inscrite, nous avons terminé première.

Notre deuxième compétition s’est déroulée à Caen, me laissant un goût amer. Nous étions une équipe engagée sur le chemin de sélection au monde et nous avions failli nous faire battre par une équipe de deuxième division.
C’était vraiment impressionnant de leur part mais pour moi, c’était juste impensable et inacceptable. Je ne comprenais pas comment ça pouvait arriver. J’avais des doutes: Avions-nous vraiment notre place sur ce circuit? Je ne savais pas si je voulais continuer à me battre. J’envisageais d’arrêter la TSE…
D’autant plus que ma saison individuelle avait été au-delà de mes espérances.

Dès le début, cette saison a été difficile pour moi. Nous venions de vivre une Coupe du Monde, et bien que j’aimais le défi que représentait notre passage en Sénior, j’aurai aimé continuer en Junior pour atteindre les objectifs que je m’étais fixée.
Durant la moitié de la saison, j’étais, avec toutes les « anciennes », dans la nostalgie de la TSE 2009-2010 ce qui n’a pas forcément dû aider nos nouvelles patineuses à trouver leur place. Et encore moins à exploiter tout notre potentiel…
C’est seulement en arrivant chez Les Suprêmes, lors de ma première saison que je comprendrais ce qu’elles ont ressenti : Les Suprêmes Sénior 2012-2013 ont eu une saison incroyable ensemble, comme j’ai eu la chance de connaître cela avec la TSE 2009-2010, à tel point que nous aurions voulu le revivre une deuxième fois. Mais nous avions oublié qu’il faut profiter du moment présent pour éviter de vivre dans le passé et ainsi être prête à saisir les opportunités que l’avenir nous réserve.

A la TSE 2010-2011, Merci.
Grâce à vous, j’aurai appris une chose: pour réussir, il faut y croire du début jusqu’à la fin!

TSE Sénior 2010-2011

Reportage de France 3 Normandie,
De la French Cup 2010 jusqu’aux Championnats de France 2011

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